Prévoyance · 4 min de lecture
PER ou Madelin retraite : ce qu’un TNS compare vraiment
Aymeric Chantrel, CEO · Mis à jour le · ORIAS 19006576
Le Madelin retraite historique n’est plus le seul outil. Le PER a pris la main — la prévoyance Madelin, elle, reste.
Ne pas mélanger les étages
La loi PACTE a ouvert le plan d’épargne retraite, plus souple à la sortie que l’ancien contrat Madelin retraite. Beaucoup d’indépendants ont entendu « le Madelin est fini ». C’est vrai pour l’étage retraite historique, pas pour la prévoyance. Santé et prévoyance — arrêt, invalidité, décès — peuvent toujours relever du cadre Madelin si l’on est éligible. On ne bascule pas une prévoyance dans un PER. On traite la retraite d’un côté, le risque de l’autre.
Le cabinet ne fait pas du conseil en allocation retraite à la place de ce tri. On empêche surtout le contresens : fermer une prévoyance parce qu’un article a dit que le Madelin retraite se transfère.
Qui est encore concerné par la déduction de prévoyance
Travailleur non salarié au réel, gérant majoritaire éligible à l’impôt sur le revenu : la cotisation de prévoyance et de complémentaire peut être déduite dans des plafonds. Micro-entrepreneur : non. Le guide qui peut déduire reste la référence, y compris quand la conversation a commencé par le PER. Le seuil de gérance : majoritaire ou assimilé.
Le micro a un besoin de prévoyance souvent plus aigu, sans levier fiscal : jours de trésorerie. Lui proposer un PER « à la place » de la franchise, c’est répondre à côté.
Ce que le PER ne verse pas en arrêt
Un plan d’épargne se dénoue à la retraite, ou dans des cas de sortie anticipée prévus par le cadre. Ce n’est pas une indemnité journalière au trentième jour d’arrêt. Ce n’est pas une rente d’invalidité calée sur un barème professionnel. Ce n’est pas un capital décès avec clause bénéficiaire de prévoyance. Ces trois-là restent des contrats de risque : la page prévoyance et forfaitaire ou indemnitaire.
On peut bien sûr épargner et se couvrir. L’ordre au cabinet : d’abord le risque qui arrête le revenu, ensuite l’épargne longue si le statut le permet et si la trésorerie tient. Pas l’inverse parce que le mot retraite est à la mode.
Transfert de l’ancien Madelin retraite
Un ancien contrat retraite peut souvent être transféré vers un PER. Ce transfert ne transporte pas les garanties d’arrêt. Si le vieux contrat mêlait des choses dans la tête du souscripteur, on les sépare sur le papier avant de signer le transfert. On ne résilie pas la prévoyance « parce que le transfert est parti ».
Les plafonds et les noms d’organismes bougent. Le diagnostic non : ce qu’on revérifie chaque année. Statut, jours d’arrêt, bénéficiaires, puis seulement les produits d’épargne.
Complémentaire santé : troisième étage
La complémentaire n’est ni le PER ni la rente d’invalidité. Elle se compare à part, avec ses délais et ses dates de résiliation : mutuelle TNS et préavis. Une déduction éventuelle de la cotisation santé ne justifie pas de négliger la franchise de prévoyance, ni l’inverse.
Trois étages, trois rendez-vous si besoin, ou un seul appel qui les nomme distinctement. On ne rend pas un « pack » illisible.
Questions pour ne pas se tromper d’étage
On les pose avant d’ouvrir un comparatif retraite.
- Le besoin est-il un revenu dans trente ans, ou un revenu dans trente jours d’arrêt
- Le statut ouvre-t-il une déduction de prévoyance, oui ou non
- Un ancien contrat retraite est-il à transférer, sans toucher à l’arrêt
- La clause décès et la franchise sont-elles déjà écrites quelque part
- La complémentaire est-elle un troisième sujet, avec sa propre échéance
Rappel
Être rappelé
Un échange sur rendez-vous, pour cadrer le dossier. Sans engagement.
Rendez-vous
Vingt minutes en disant « retraite ou arrêt » dès le motif. Si c’est les deux, on le dit. Écrire sans demander « le meilleur PER » : on demandera d’abord ce qui se passe si vous vous arrêtez quatre-vingt-dix jours. Le cabinet ne remplace pas un conseiller en investissement sur la gestion du plan. Il empêche de démonter la prévoyance par confusion de sigles.
La question des quatre-vingt-dix jours
Avant d’ouvrir un comparatif de plan d’épargne, on pose une question fermée : si vous êtes arrêté quatre-vingt-dix jours, qui paie le foyer, et à partir de quel jour. Si la réponse est « je ne sais pas », la prévoyance passe avant l’épargne. Si la réponse est chiffrée et tenue par un contrat déjà lu (franchise, exclusions, clause), on peut parler retraite sans démonter ce qui existe.
On écrit cette réponse dans le compte rendu. Elle empêche, six mois plus tard, de « simplifier » en transférant un vieux contrat et en oubliant l’arrêt. Le transfert retraite, quand il est opportun, se fait avec une liste des garanties de risque qui restent en dehors.
Liste des contrats de risque à ne pas toucher
Avant un transfert de plan retraite, on dresse la liste de ce qui reste en dehors : prévoyance arrêt, rente d’invalidité, capital décès, complémentaire. Chacun a son numéro, son échéance, son bénéficiaire. Le transfert ne les emporte pas. Si un ancien contrat mêlait dans la même notice des choses que vous croyiez liées, on les sépare sur cette liste avant de signer.
On date la liste. Elle sert six mois plus tard, quand plus personne ne se souvient de ce qui a été transféré. Le cabinet la joint au compte rendu. Elle est volontairement ennuyeuse. C’est le but.
Rappel
Être rappelé
Un échange sur rendez-vous, pour cadrer le dossier. Sans engagement.
Un doute sur votre cas ?
On vous rappelle sur rendez-vous, pour caler statut, convention ou contrat en cours — sans engagement. Vous pouvez aussi écrire au cabinet.
