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Prévoyance · 4 min de lecture

Micro-entrepreneur : s’assurer sans Madelin

Aymeric Chantrel, CEO · Publié le · Mis à jour le · ORIAS 19006576

Un micro-entrepreneur n’est pas éligible Madelin, mais il a souvent plus besoin d’une prévoyance : pas de maintien de salaire, SSI limitée. On assure le revenu et l’invalidité, sans vendre un avantage fiscal qui n’existe pas.

Schéma du guide : Micro-entrepreneur : s’assurer sans Madelin

Le besoin n’attend pas le réel

Le micro-entrepreneur n’a pas de déduction de type Madelin : le bénéfice est forfaitaire, les charges personnelles ne viennent pas en déduction au réel. Il a en revanche un chiffre d’affaires qui s’arrête s’il s’arrête, souvent sans maintien de salaire, avec un régime de base limité. Une prévoyance — indemnités, invalidité, décès — est fréquemment plus urgente que chez un indépendant au réel déjà un peu couvert. On ne vend pas un argument fiscal qui n’existe pas. On vend un nombre de jours de trésorerie.

Le miroir fiscal de la complémentaire est le même : le micro ne déduit pas. La page mutuelle TNS le répète pour ne pas coller un contrat « Madelin » sur la plaquette alors que le levier est nul. Le besoin de soins, lui, existe.

Dimensionner comme une charge personnelle

La cotisation sort du compte, sans être « remboursée par l’impôt ». On la compare au trou qu’elle évite, pas à une économie fiscale imaginaire. Franchise courte si le matelas est mince : 15, 30 ou 90 jours. Mécanique lisible, souvent forfaitaire quand le revenu déclaré au régime de base est faible ou lent : forfaitaire ou indemnitaire.

Exclusions dos et psy : on les lit, parce qu’un tarif bas qui les vide ne protège pas un métier physique. Le questionnaire se remplit vraiment. Un micro n’est pas « trop petit pour déclarer ».

Ne pas attendre le passage au réel

Beaucoup repoussent la prévoyance « à quand je passerai au réel, pour déduire ». Le passage n’est pas daté, et l’arrêt, si. On couvre maintenant, charge personnelle. Si le réel arrive plus tard, on réouvre la question de la déduction, sans avoir passé les années d’avant à découvert.

Ce réflexe de report revient chaque janvier : les bases d’abord. Le statut micro se vérifie (plafonds de chiffre d’affaires, activité), mais il ne se « optimise » pas en souscrivant un produit fiscalement inutile.

Retraite, homme clé, conjoint

Un plan d’épargne retraite ne verse pas d’indemnités d’arrêt. Ne pas mélanger les étages. Un homme clé suppose une société qui doit tenir sans la personne : ce n’est pas le premier outil d’un micro en nom propre. Deux bénéficiaires, seulement si la structure existe.

Le conjoint et les enfants se couvrent en santé à part, sans imaginer une déduction famille : le foyer. La prévoyance décès, elle, a besoin d’une clause : ne pas laisser le défaut.

Complémentaire : autre contrat, autres dates

On peut tenir la santé et la prévoyance dans le même rendez-vous. Ce ne sont pas les mêmes pièces. Si une complémentaire est déjà en cours, on ne la résilie pas « pour tout regrouper » sans dates : trois portes. Un micro qui devient salarié plus tard sortira peut-être par motif légitime. En attendant, il est individuel.

Le parcours en ligne Santé peut suffire pour une complémentaire standard. La prévoyance, presque jamais : la franchise et les exclusions se disent. Page : prévoyance.

Ce qu’on veut entendre au téléphone

Pas « est-ce que je déduis ». Plutôt : combien de jours le compte tient.

  • Activité et revenu qui s’arrêtent vraiment en cas d’arrêt
  • Matelas : quinze, trente ou quatre-vingt-dix jours
  • Dos, psy, sport : à déclarer
  • Pas de promesse de déduction
  • Clause décès nommée
  • Santé traitée à part, avec son échéance

Rappel

Être rappelé

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Rendez-vous

Vingt minutes, en disant micro dès la première phrase. Écrire si vous avez déjà un devis « Madelin » qu’on vous a remis : on vous dira s’il est simplement mal nommé ou s’il est le mauvais cadre. La complémentaire, sans déduction : mutuelle micro-entrepreneur. On ne vous fera pas payer un argument fiscal.

Chiffrer les jours sans parler d’impôt

On écrit sur une feuille : revenu mensuel qui disparaît, charges qui restent, délai du régime de base, franchise choisie. La cotisation annuelle se compare à ce trou, pas à une case fiscale. Si la cotisation est lourde pour le compte, on ajuste la franchise ou le montant d’indemnité, on ne promet pas une déduction pour la rendre acceptable. Le jour où le réel deviendra possible, on rouvrira cette case. Pas avant.

On vérifie aussi que le devis remis n’est pas étiqueté « Madelin » par habitude commerciale. L’étiquette ne crée pas le droit. Un contrat de prévoyance ordinaire, bien lu, vaut mieux qu’un habillage fiscal faux. La complémentaire, si elle est dans le même rendez-vous, se juge sur les soins, avec le même refus d’argument fiscal.

Quand le chiffre d’affaires bouge

Un micro qui approche des plafonds, ou qui vient de les dépasser, change de conversation. Tant qu’il est micro, pas de déduction. Le jour où le réel s’applique, on rouvre la prévoyance et la complémentaire avec ce nouveau cadre, sans avoir attendu pour se couvrir. On ne « pré-souscrit » pas un produit fiscalement faux en attendant.

Entre-temps, si le revenu baisse, on peut revoir le montant d’indemnité pour que la cotisation reste payable. On ne supprime pas la franchise courte uniquement parce qu’une année est maigre, si le trou de jours, lui, est devenu plus dangereux. Le critère reste le nombre de jours tenables.

Rappel

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