Collectif · 4 min de lecture
Maintien de salaire employeur et prévoyance collective
Aymeric Chantrel, CEO · Mis à jour le · ORIAS 19006576
La CCN impose souvent un maintien. La prévoyance le relaye. Le chevauchement se négocie dans le tableau.
Qui paie quel jour d’arrêt
Les premiers jours relèvent souvent du maintien de salaire, par la loi de mensualisation et par la convention, parfois au-delà. Ensuite viennent les indemnités du régime de base et la prévoyance. Un mauvais calage crée soit un trou — le salarié décroche entre la fin du maintien et le début du contrat — soit un trop-perçu, l’employeur ayant payé ce que l’organisme devait, ou l’inverse. On superpose les franchises du contrat et les obligations conventionnelles avant de signer.
Ce calendrier n’est pas celui de l’indépendant. Sa franchise personnelle se cale sur sa trésorerie : 15, 30 ou 90 jours. Ici, on parle du personnel, page prévoyance collective.
Lire la convention avant la franchise
Deux conventions peuvent imposer des maintiens très différents, cadres et non-cadres compris. Acheter une franchise « standard 30 jours » sans ouvrir l’article conventionnel, c’est risquer le trou ou le doublon. Hiérarchie : le plancher d’abord. Catégories : ne pas inventer un collège pour échapper au maintien.
L’assiette compte aussi. Une indemnité à 80 % de la seule tranche A ne relaye pas un maintien calculé sur le salaire entier. Taux et PASS.
Trop-perçu et subrogation
Quand l’employeur maintient le salaire et que l’organisme verse en même temps, il faut une règle : subrogation, ou versement direct au salarié avec reprise par l’employeur. Sans règle écrite, le trop-perçu se découvre des mois plus tard, au moment où personne n’a plus les bulletins sous la main. On écrit qui reçoit l’indemnité, et comment l’employeur se rembourse s’il a avancé.
Le salarié, lui, doit comprendre son net. Une notice muette sur ce point est incomplète : remettre la notice.
Revoir quand la convention ou l’effectif bouge
Un avenant conventionnel qui allonge le maintien rend une franchise ancienne trop longue, ou inutilement chère si l’on paie une couverture que l’employeur assure déjà. Le bilan sert à superposer de nouveau : une fois par an. On ne attend pas la résiliation pour s’apercevoir du décalage.
Les arrêts en cours au moment d’un changement d’organisme se déclarent, sinon le relais ne part pas : risques en cours.
La superposition, en cases
On la dessine sur une ligne de temps, pas dans un tableau de pourcentages seul.
- Jours de maintien légal et conventionnel, par catégorie
- Franchise du contrat en face, maladie et accident séparés
- Trou ou chevauchement : les deux se voient sur la ligne
- Assiette de l’indemnité = assiette du maintien, ou non
- Qui est payé : salarié ou employeur subrogé
- Notice qui explique le net au salarié
Rappel
Être rappelé
Un échange sur rendez-vous, pour cadrer le dossier. Sans engagement.
Rendez-vous
Vingt minutes avec l’article de maintien, ou au moins l’IDCC pour qu’on l’ouvre ensemble. Écrire si vous avez déjà un arrêt en cours et un doute sur qui doit payer. On ne promet pas que l’organisme « rattrapera » un trou de franchise mal calé.
Dessiner la ligne de temps sur un arrêt type
On prend un arrêt de soixante jours, maladie, pour un non-cadre, et on écrit qui paie du jour 1 au jour 60 : employeur, régime de base, contrat collectif. Puis on refait l’exercice pour un cadre si le maintien diffère, et pour un accident si la franchise diffère. Les trous apparaissent tout de suite. Un pourcentage annuel de cotisation ne les montre pas.
On range ce dessin avec la notice. Le jour où un salarié demande pourquoi son net a baissé, on répond avec la ligne, pas avec une approximation. Si le dessin révèle un trou, on ajuste la franchise ou le maintien par avenant, on ne promet pas que « ça s’arrangera au sinistre ».
Expliquer le net avant le premier arrêt
Le salarié comprend le régime le jour où son bulletin baisse, c’est-à-dire trop tard pour que l’explication paraisse honnête. On met dans la notice, ou dans une page d’une fiche, un exemple chiffré d’un arrêt type : qui paie, à partir de quand, ce qui reste à charge éventuel. Les montants d’exemple sont ceux de la convention et du contrat, pas un cas inventé pour faire joli. S’ils sont trop compliqués, c’est que le calage l’est, et qu’il faut le simplifier par avenant.
On désigne aussi qui, dans l’entreprise, répond à la question le jour J. Ce n’est pas « le courtier un jour sur deux ». Le cabinet aide à monter le dossier de sinistre. L’employeur doit pouvoir dire, dès le premier appel du salarié, si le maintien court encore ou si le relais est demandé.
Ranger le dessin avec la notice
La ligne de temps d’un arrêt de soixante jours se joint à la notice remise, ou elle se perd. On la date, on indique la catégorie, on la refait si la convention ou la franchise change. Le salarié qui demande une explication la reçoit telle qu’elle a été signée, pas reconstruite au téléphone. Si le dessin montre un trou qu’on n’a pas encore corrigé, on ne le cache pas dans une version « pédagogique ». On corrige d’abord. Expliquer un trou connu sans le fermer, c’est documenter un défaut. Le cabinet préfère l’avenant. L’explication vient ensuite, sur un schéma qui tient.
Rappel
Être rappelé
Un échange sur rendez-vous, pour cadrer le dossier. Sans engagement.
Un doute sur votre cas ?
On vous rappelle sur rendez-vous, pour caler statut, convention ou contrat en cours — sans engagement. Vous pouvez aussi écrire au cabinet.
